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Des bas et des idiots

La thérapie collective du grand débat national s’achève sur un succès de participation mitigé dans le Vaurais. 2 villes, 2 débats, 2 organisateurs, 2 ambiances, 1 seul objectif : démarrer les campagnes électorales des européennes et municipales. Si dans un premier temps, l’idée de se rendre à des débats organisés par « Les Républicains » et « En Marche » n’est pas attirante, les espaces où s’exprime la politique locale sont bien trop rares pour ne pas y aller (nous comprenons cependant ceux qui ne sont pas venus, préférant un whisky d’abord).

Un peu plus de 250 personnes pour Lavaur, un peu moins pour Labastide (150 personnes selon la police et 103 selon le nombre de chaises).

Si celui de Lavaur n’a surpris personne avec plusieurs interventions frôlant un racisme assumé, le débat de Labastide fut quand à lui riche d’enseignements et c’est sur ce dernier que nous allons revenir.

Plus qu’un débat, c’était en réalité une tribune de propagande politique pour le député de la start-up nation qui s’est vu octroyer un droit de parole afin de conclure chacun des 4 thèmes prédéfinis.

Cela porte à sourire car les membres du petit groupe de marcheurs blancs dispersés dans la salle auraient été les premiers à s’en indigner si Bernard Carayon avait fait de même à Lavaur…

Entre chaque tribune du député marcheur, nous avons donc pu écouter ce qu’avaient à dire ses fidèles, petits apôtres de la technocratie triomphante, battant campagne pour les municipales. Inutile de revenir sur la misérable intervention du Thénard d’hier concernant les moyens de contrôle de l’argent public (lui seul a compris ce qu’il voulait dire, peut-être…). Le personnage est nettement plus pertinent dans son rôle de président de la commission « horaire des débats » que lui a accordé Bernard Carayon. D’ailleurs, il a courageusement oublié de pointer que l’horaire de 18h30 était le même pour les deux débats : ce qui est dérangeant pour ceux qui travaillent à Toulouse.

Ensuite, parce qu’il fallait quand même un petit peu rosir le héraut local, nous avons eu droit à des propos tel que « …moi je suis fière de payer des impôts… » durant la causette. Cette phrase ne serait pas si con-conne si elle ne venait pas en soutien à un gouvernement qui vient de supprimer l’ISF et doubler le CICE.
La palme d’or revient tout de même à leur guide député marcheur qui nous explique que l’autoroute Castres/Verfeil va faire fleurir le Sidobre, transformer les chevaux en licorne, bâtir des fontaines à chocolat, doubler les rations de frites et faire revenir de Chine l’industrie textile du bassin mazamétain… Tout ceci pour des siècles et des siècles…

En même temps, parce que nous sommes en mars, nous ne reviendrons pas sur les propos avant-gardistes de quelques uns qui commençaient par : « Je suis pas raciste MAIS… » « Je suis pas pour le nucléaire MAIS… » « Je suis pas pour le glyphosate MAIS… »…

Pour conclure, nous noterons que l’équipe « En Marche » du Vaurais a cependant réussi quelque chose ces derniers jours : faire prendre conscience de la nécessité qu’une troisième force politique se lance dans la campagne des municipales afin d’éviter de devoir voter pour Bernard Carayon dès le premier tour…

Maya

 

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Autoroute Castres-Verfeil : l’avocat plaide n’importe quoi

Nous le savons tous la culture de l’avocat n’est pas aisée dans nos contrées. Ce fruit demande beaucoup de soleil et des hivers doux mais surtout… une autoroute !! Hé oui le climat de Castres étant peu propice à la culture de l’avocat il faut donc en importer. Mais pour qu’il veuille venir depuis Toulouse, il lui faut une autoroute à l’avocat ! Telle est l’argumentation du député J. Terlier lors du débat de Labastide St Georges ce lundi 11 Mars. Il manquerait des avocats (50 ?? au piff ??) à Castres et ils ne viendront de Toulouse que s’il y a une autoroute les pauvres choupis!  Voilà la raison qui va emporter la décision ! Après « ma maman malade qui doit aller à Toulouse », « les terres agricoles polluées au glyphosate qu’on ne polluera pas plus si elles sont goudronnées » ou le fameux « seul bassin de 100 000 habitants non relié à une autoroute » (einh??) ! Voilà la meilleure « Il faut des avocats à Castres ». Au moins c’est sur, ils seront tranquilles pour rouler seuls sur leur autoroute hors de prix  ( 17 euros minimum l’aller-retour) !

EPP

Docteur Vaurais, Mister Lavaur

La blague nous la connaissons tous. On fait une liste A-politique ! Le programme est simple, « nous ou Carayon » version locale d’ambitieux sans idées du « xxx ou Le Pen » national. La dernière fois, aux municipales de 2014 , c’était le suppléant de la députée hamoniste Linda Gourjade (M. Cayla) qui devait nous administrer le remède. Cette fois c’est un marcheur qui veut faire basculer en même temps Lavaur et la Communauté de Communes dans la technocratie triomphante. Car à Saint-Sulpice le référent départemental d’En Marche 81, ancien directeur de campagne du député (et conseil municipal fantôme) J. Terlier, semble bien implanté.

La macronie pourrait réussir là où le PS a échoué en 2014, détenir tous les mandats importants du vaurais (députation, communes et communauté de communes).

Un choc pour notre territoire habitué aux notables de province. Les ingénieurs de la start-up nation débarquent pour « co-construire un projet partagé » à coup d’écriture exclusivement inclusive (label rouge de la gauche en ce moment) et « rassembler les bonnes volontés » (on voit déjà venir le fameux « un trottoir n’est ni de gauche ni de droite »). Pour ce qui compte, l’autoroute, le projet socialiste de la ZAC des Portes du Tarn ou le SCoT du Vaurais l’unanimisme n’en sera pas troublé. L’enrobage seulement sera différent, un petit peu comme les médicaments saveurs fraise ou Tagada. Proposons des solutions politiques, sinon rendez-nous Christian !

EPP

ZAC les Portes du Tarn : coup dur pour Antoine Chorro, directeur général délégué des Portes du Tarn !

En 2014, le préfet avait bien opportunément signé une dérogation à la protection des espèces protégées présentes sur le site pour cause de Déclaration d’Utilité Publique. Pas d’inquiétude : les amphibiens protégés avaient tous été capturés sur les 200 ha et remis en lieu sûr dans des mares artificielles prévues à cet effet ; on avait tenté de transplanter la mousse fleurie protégée elle aussi (depuis on ne sait pas malheureusement si l’opération à haut risque a été couronnée de succès) ; et puis surtout on a mis en place des mesures compensatoires en achetant 15 ha supplémentaires de terrain à Roquesérière : les petites bêtes ont été informées que désormais elles devraient vivre dans la commune d’à côté pour permettre aux humains de se livrer à une activité qu’ils mènent partout en France, c’est-à-dire une artificialisation peu raisonnée des terres agricoles et des espaces naturels. Mais bon, nos élus ont le sens des priorités et le Développement économique, avec un grand « D » doit primer, même s’il y a quelques pots cassés côté biodiversité, et même si ça rame un peu du côté des implantations.

En 2015, les fouilles archéologiques sur le site des Portes du Tarn n’avaient révélé que quelques pierres taillées, découvertes qui bien heureusement n’avaient pas ralenti les travaux de terrassement des bulldozers.

Enfin en 2018, une plateforme logistique XXL a choisi de s’implanter sur les Portes du Tarn. Nos élus qui ont le sens des responsabilités (en plus de celui des priorités) ont pu souffler un peu : enfin un volontaire pour s’implanter ! Problème : en 5 ans, de nouvelles petites bêtes protégées non répertoriées en 2013 ont établi leurs quartiers sur le site laissé en friche : comme quoi, pas de quoi s’inquiéter pour la biodiversité, la nature est résiliente pour peu qu’on la laisse reprendre ses droits. Les services de l’Etat sont en train d’étudier leurs sorts et peut-être que le préfet va devoir une nouvelle fois, en son âme et conscience, signer une autre dérogation. Pas vraiment de quoi en faire un fromage ! C’est simple : direction Roquesérière pour les petites bêtes et le tour sera joué.

Sauf qu’hier, un habitant de Saint-Sulpice qui prenait son bol d’air quotidien sur la zone d’activité « très soucieuse de l’environnement », s’est trouvé nez à nez avec un nouveau spécimen animal (photo certifiée par huissier ci-dessous) qui n’était pas encore répertorié sur zone par personne (sans doute encore un coup du changement climatique ?) … et cet animal-là jouit de grandes protections et il sera difficile de le faire déménager à Roquesérière en toute discrétion.

La question que nous nous posons : comment M. Chorro va-t-il pouvoir contourner cet obstacle de taille et continuer de servir ainsi l’intérêt général en permettant à des investisseurs spécialistes de la logistique de s’implanter?

Le suspense est total (comme le projet «  inédit partout en France » de la station-service du même nom qui doit aussi s’implanter à grand renfort de trompettes sur la ZAC).

A suivre….

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Aire de service, dérèglements compris

Communiqué de presse EELV

ZAC Portes du Tarn

L’actualité officielle de la ZAC des Portes du Tarn se focalise sur les travaux de l’aire de service. Le 11 février, les communicants de la SPLA ont produit un texte aux allures de victoire repris en chœur par quelques journaux. Peu de nouveautés dans l’annonce de ces travaux. Nous nous permettons donc de souligner ici quelques incohérences que l’on voudrait nous masquer.

La ZAC nous a été présentée comme « un projet inédit en France de performance économique et de respect de l’environnement1 ».Une aire de service en bord d’autoroute, où est l’inédit ?

La performance économique est elle au rendez vous ? Sur 2 hectares2, il y aurait 19 créations d’emplois3. Sauf à revoir nos notions d’arithmétique nous sommes très loin du ratio de 20 emplois par ha que les porteurs de projets nous avaient promis.

Quant au respect de l’environnement, le choix d’une station Total relève du cauchemar. Avec ces deux pistes dédiées spécifiquement aux poids lourds, on fleure déjà le balai incessant des camions attirés par le bâtiment logistique TERRA 2 et ces 120 quais d’embarquement/débarquement. Faudra-t-il prévoir des vignettes Crit’Air pour Saint Sulpice ? L’enseigne Total qui par ailleurs (surtout ailleurs) est connue pour ses dégradations environnementales. Pour mémoire, Total va ouvrir une « bioraffinerie » d’envergure européenne à la Mède (Bouche du Rhône) qui importera 300 000t par an d’huile de palme pour l’intégrer dans son carburant. Cette installation encourage la déforestation des zones tropicales qui amplifie le dérèglement climatique4 et accélère l’extinction d’espèces comme l’orang-outan.

Un grand merci donc à nos élus qui par leur clairvoyance nous engagent à contre sens de l’intérêt du monde du vivant … et en sont fiers.

Fait à Lavaur, le 28 février 2019

EELV Contact : europeecologie-lavaurgraulhet@orange.fr

 

1Slogan inscrit sur la page d’accueil du site de la SPLA : https://www.portesdutarn.fr/

319 ETP équivalent temps plein (15 pour l’enseigne Sighor, 4 pour la station Total, source SPLA : https://www.portesdutarn.fr/nos-entreprises/sighor/

4Selon une étude citée par le journal « Le Monde » du 18 février 2019 « indigeste huile de palme », « l’incorporation d’huile de palme est 3 fois plus dommageable pour le climat que le diesel conventionnel ».

ZAC les Portes du Tarn : et la création d’emplois ?

 

Alors que la plupart des emplois sont créés par les TPE et PME, nos élus semblent s’obstiner à soutenir les grosses entreprises. Et plus c’est gros, plus c’est cher … pour le contribuable.

La ZAC les Portes du Tarn en est une illustration : 87 millions € d’argent public engloutis pour attirer des entreprises « d’envergure nationale » sur les 200 ha de cette zone. Même si tous les terrains étaient vendus, il resterait 44 millions à la charge des collectivités. En théorie ce déficit sera compensé par les impôts payés au fil du temps par les entreprises qui sont censées s’implanter. Seulement voilà, le temps passe et personne ne s’installe…

Alors pourquoi dépenser tant d’argent public ? Mais pour créer des milliers d’emplois bien entendu !

Du moins, c’est ce que nos élus nous promettent depuis le début, et ce, pas que sur les Portes du Tarn. C’est le discours tenu partout en France pour justifier de nouvelles infrastructures. Infrastructures qui captent du foncier agricole ou des espaces naturels pour les transformer en zones d’activité économiques bitumées. La mise à disposition de foncier de grande taille est même un argument de commercialisation1.

A propos d’emploi, que propose Vinovalie (seule entreprise installée sur la ZAC) ? Sur le site de la SPLA81, on peut lire : «Emploi : environ 80 emplois consolidés (18 viendront de Brens, et les autres transferts seront issus des autres départements de Midi- Pyrénées) »2. Traduction, les emplois Vinovalie sont délocalisés. Quid de la création d’emplois locaux promis par nos élus ?

France 3 Tarn dans son journal du 7 février 2019 a diffusé un reportage sur cette entreprise3. A voir cette chaîne d’embouteillage automatisée, on constate que le ratio emplois à l’ha n’est pas exemplaire et d’ailleurs la création d’emploi n’est même pas évoquée. Le but de l’entreprise est d’améliorer sa productivité et ses ventes à l’export. C’est son droit le plus strict évidemment, mais nos élus eux nous ont trompés sur les objectifs affichés de développement de l’emploi local pour justifier la ZAC les Portes du Tarn. Vinovalie est subventionné par des fonds publics, mais n’est pas tenu de créer de l’emploi.

Pendant ce temps-là, sur notre territoire, de petits vignerons tentent de produire « artisanalement » du vin de qualité, en bio par-exemple. Ils peinent à s’en sortir, la concurrence avec une structure type Vinovalie étant très rude. Ils doivent mettre en œuvre toutes leurs énergies pour commercialiser leurs vins et convaincre de leur savoir-faire. Ne méritent-ils pas d’être aidés eux-aussi ? Ne paient-ils pas d’impôt ? N’emploient-ils pas des travailleurs agricoles ?

A l’heure où de plus en plus de gens sont convaincus qu’il faut favoriser les circuits courts, consommer local des produits de qualité, nos élus font-ils un choix judicieux? Soutenir les « gros » qui jouent la carte de la mondialisation, est-ce être responsable ?

Il est question de Vinovalie crée un espace type muséographique : l’entreprise percevra-t-elle encore d’importantes subventions des conseils départementaux Tarn et Haute-Garonne au titre des aides à l’immobilier d’entreprises et / ou de leur compétence « tourisme » ? Nous y serons attentifs.

EPP

1 CF aussi l’implantation probable de Terra 2 plateforme logistique XXL sur 16 ha : https://www.portesdutarn.fr/nos-entreprises/jmg-partners/, soit une grosse consommation foncière, un ratio emploi à l’ha faible et une indifférence complète à la problématique climatique.

Mme Rondi, la spécialiste des promesses non tenues

En 2014, Mme Rondi en campagne pour les municipales de Saint-Sulpice, promettait des états généraux de la ZAC les portes du Tarn et de ne pas prendre de décisions sur le dossier sans consultation préalable des saint-sulpiciens : élue maire, elle n’a pas tenu ses promesses et omis de demander l’avis de ses concitoyens ;

En 2015, Mme Rondi s’est présentée aux élections départementales en s’engageant à pratiquer la démocratie participative : élue, elle n’a pas tenu ses promesses et ses électeurs ont bien du mal à se faire une idée de son travail en tant que vice-présidente au département ;

Toujours en 2015, Mme Rondi a signé des accords de partenariat sur la ZAC les Portes du Tarn où elle s’engageait à ce qu’il n’y ait pas de logistique sur la ZAC les Portes du Tarn non rattachée à une activité industrielle : depuis, on a pu constater que sa signature n’avait pas de valeur.

En effet, 4 ans plus tard, s’annonce sur la ZAC une plateforme logistique XXL vouée au e-commerce. Mme Rondi au plus fort de son courage n’a pas daigné assister à la réunion publique sur Terra 2 organisée dans le cadre de l’enquête publique : dommage pour son collègue, M. Bonhomme, président de la CCTA et premier vice-président du SMIX qui, démuni en son absence, a prononcé la phrase mémorable : « z’avez qu’à y mettre des chèvres » ! Pourtant, si Mme Rondi rechigne à rencontrer ses concitoyens, elle œuvre sans équivoque dans l’ombre sur le dossier ZAC puisqu’ elle fait partie du bureau syndical du SMIX en tant que secrétaire et siège aussi à la SPLA 81, les organes institutionnels décisionnaires de la ZAC.

Sans doute a-t-elle plus de temps libre à consacrer à l’intérêt général depuis qu’elle n’est plus maire de Saint-Sulpice et a permis, de par sa gouvernance, l’élection anticipée du premier maire LREM de France, un exploit dans une ville où le PS rencontrait historiquement la sympathie des électeurs. Il faut croire que M. Ramond, président du CD 81, du SMIX et de la SPLA 81, ne lui en tire pas rancune en lui proposant des postes de rechange pour cette fois décider de l’avenir de ce grand projet  innovant et soucieux de l’environnent  qu’est la zone d’activités économiques des Portes du Tarn. Et puis les temps sont difficiles pour attirer des entreprises même si Total entreprise notoirement très soucieuse de l’environnement elle-aussi, va ouvrir la voie à d’autres, comme espéré par le président du conseil départemental… Donc, L’expertise de Mme Rondi ne sera pas de trop pour sortir « ce grand pari sur l’avenir » de l’ornière où il se trouve ! Total et une kyrielle de camions générée par Terra 2, et l’espoir revient sans aucun doute pour le territoire.

En conclusion, il faudra malgré tout se rappeler de tous les faits d’armes de l’ex maire de Saint-Sulpice… si jamais elle avait des velléités de revenir dans le jeu électoral local : et surtout ne pas la croire si elle promet aux électeurs de les informer de ses actions à venir et de tenir compte de leur avis, ses diverses promesses se limitant de fait à une stratégie de campagne.

 

EPP